L’idée que des robots de type nouvelle génération – c’est à dire dotée d’intelligence artificielle –  vont nous remplacer dans nos emplois est une pensée que l’on entend de plus en plus depuis quelques années maintenant.

Tandis que les recherches en la matière bénéficient souvent d’une couverture média importante et que les algorithmes prennent de plus en plus de places dans nos vies, certains métiers paraissent être hors de portée de la domination des machines. Les photographes professionnels semblaient être dans cette catégorie. A moins que…

Si vous l’avez manqué, sachez que c’est désormais une réalité. Le 7 avril 2019, le robot Eva a réalisé son premier reportage photo pour un mariage. La question se pose alors, les robots vont-ils remplacer les photographes professionnels ? Les photographes professionnels sont-ils destinés à disparaître ?

 

Eva, le robot photographe

 

Eva a été lancée par la société Service Robots en février 2019, et c’est le 7 avril qu’elle a officiellement photographiée son premier mariage, lorsqu’elle a été embauchée par Gary et Megan Barker pour leur mariage dans le comté britannique de Warwickshire, dans le centre de l’Angleterre.

Eva est équipée de  la technologie de reconnaissance faciale pour identifier les personnes avant de leur demander si elles souhaitent se faire prendre en photo. Elle embarque un écran tactile interactif situé dans ses bras mécaniques. Les personnes peuvent choisir parmi une variété d’options de photographie avant qu’Eva prenne le cliché. Elle peut donc être comparé en quelque sorte à un photobooth interactif et ludique dont la nouveauté est sa mobilité.

Lors de “l’embauche” d’Eva, Service Robots met en place un poste d’impression sur le lieu de l’évènement afin que les images puissent être imprimées instantanément. Si les invités préfèrent ne pas emporter de souvenir à la maison, les images peuvent être téléchargées sur le réseau social de leur choix.

 

Simple gadget ou vrai menace pour les photographes?

 

Un des portes parole de Service Robots a déclaré à Bride Magazine : « Les gens s’intéressent moins aux photomatons traditionnels. Ils recherchent quelque chose de nouveau et de mémorable qui permettra à leur événement de se démarquer.”

Eva est donc aujourd’hui une animation plutôt reconnue pour ses capacités technologique et son côté nouveau et attractif que pour ces qualités de photographe. Elle est effectivement une version amusante d’un photomaton qui peut bouger et interagir avec les invités.

Eva ne semble donc pas en mesure aujourd’hui de mettre en compétition les photographes professionnels en chair et en os. Mais son arrivée permet tout de même de susciter quelques interrogations.

 

Famille en train de faire un reportage photo

© Elise pour Irys

Les robots vont-ils à terme prendre la place des photographes professionnels?

 

Qu’est-ce que l’intelligence artificielle?

 

Un rappel rapide : le terme “Intelligence artificielle”, souvent abrégé IA, est apparue pour la première fois au congrès de Dartmouth en 1956.

Selon Larousse, l’intelligence artificielle se définit comme « l’ensemble des théories et des techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence ».

Pour faire plus simple ce terme  désigne une machine intelligente capable d’imiter le comportement d’un être humain.

Quand on parle d’intelligence artificielle, on ne parle pas d’objet physique mais d’une système automatique capable de traiter de l’information.

 

L’IA a encore beaucoup à apprendre

 

Comparé à un photographe professionnel, l’intelligence artificielle est aujourd’hui trop peu évoluée intellectuellement pour répondre de manière satisfaisante aux demandes d’un prestataire.

En effet, l’IA apprends à partir de données. On appelle cela le learning machine. Il consiste à fournir à l’IA une base de données pour la laisser apprendre par elle-même, sans intervention humaine ou reprogrammation logicielle.

Autrement dit, l’intelligence artificielle n’est pas capable d’interpréter les attentes immédiates du client qu’il exprime en fonction du contexte et de l’environnement spécifique du moment. Elle ne comprends pas ce qu’elle fait, elle ne sait pas qu’elle existe ni que le monde existe. Elle n’a pas conscience d’elle-même.

Elle doit effectivement déjà avoir rencontré la situation pour être capable de la reconnaître. Une fois l’analyse et la reconnaissance de ce moment, elle agira en fonction de sa programmation enregistrée pour réagir à cette situation.

De ce fait, produire une image qui nécessite un cadrage en fonction du lieu, de la lumière et des protagonistes présents à un temps donné – l’ensemble dans un mouvement permanent – et avec l’intention volontaire de dire quelque chose avec cette photographie – est très difficile pour elle.

 

reportage photo conférence webisland

© Elise pour Irys

L’IA n’a pas le ressenti d’un photographe professionnel

 

Être photographe professionnel ne consiste pas à savoir se servir d’un appareil photo. La technique ne suffit pas. C’est également une question de ressenti, d’émotion et d’intention, de savoir à quel moment précis la photo doit être prise pour créer une image forte.

Les photos qui illustrent cet article, outre celle du robot, ont été réalisées par des photographes d’Irys et ont été choisies car elles n’auraient pas pu être réalisées par Eva.

Pour le dire autrement, un photographe professionnel doit faire preuve de créativité pour produire des reportages photos uniques et différents. Cette capacité à créer requiert de la subjectivité – un parti-pris du photographe. Par conséquent, la posture du professionnel lors de la prise de vue associée à ce qu’il souhaite dire avec cette image sont des facteurs déterminants pour produire une photo.

A l’opposé, un robot est programmé soit pour effectuer une même tâche répétitive encore et encore, soit pour analyser des données brutes et arriver à une solution.

Étant donné que l’IA repose uniquement sur les expériences passées, elle ne peut donc pas se montrer créative d’elle même.

Anicet Mbida, journaliste français spécialisé dans les nouvelles technologies déclarait il y a quelques mois : « Il faut cesser d’être biberonnés par la science-fiction et les films. L’IA est seulement une évolution technologique qui va permettre d’améliorer certaines choses » . L’IA n’a donc pas pour vocation à remplacer l’humain à termes, son but est simplement de l’aider dans son quotidien.

Si à l’origine d’une photographie, au moment de la prise de vue, l’œil d’un photographe reste donc bien essentiel, les évolutions technologiques aident effectivement les photographes. Les deux domaines principaux concernés sont les appareils photos et le traitement de l’image en post-production.

Vous pouvez donc vous rassurez, les arts, y compris la photographie, seront l’une des industries qui ne seront pas envahie par l’IA. Du moins pas tout de suite.

 

reportage photo Webisland Elise pour Irys

© Elise pour Irys

 

Et vous quel est votre avis?

Que pensez- vous de l’IA? Est-ce pour vous une vraie aide dans votre quotidien?